Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont proclamé leur retrait de la Cour pénale internationale (CPI), accusant l’institution d’être un « instrument de répression néocoloniale au service de l’impérialisme ». Une semaine plus tard, la réaction officielle de la CPI est tombée, aucune notification formelle n’a été reçue. Or, rappelle le procureur adjoint Mame Mandiaye Niang depuis La Haye, un retrait n’est effectif qu’un an après le dépôt d’un document officiel auprès des Nations unies. Pour l’heure, la procédure n’a donc pas commencé.
Interrogé sur ces critiques, Mame Mandiaye Niang a exprimé son étonnement. « Justifier un retrait par la prétendue néocolonialité de la Cour semble étrange. Aujourd’hui, la CPI est plus pertinente que jamais et attire de puissants opposants. Des campagnes médiatiques sont organisées pour semer la peur et discréditer l’institution. » Selon lui, loin d’être un outil d’ingérence, la Cour reste un rempart essentiel contre l’impunité pour les crimes les plus graves.
Une juridiction sahélienne en gestation…
Parallèlement, Ouagadougou, Bamako et Niamey ont annoncé la création prochaine d’une Cour spéciale pour le Sahel, chargée de juger les crimes de guerre, le génocide, le terrorisme et le crime organisé. Le procureur adjoint salue l’idée. « Toute initiative visant à renforcer la justice pour les victimes est positive. La CPI est prête à coopérer avec cette future juridiction régionale. »
Contexte politique sous tension…
Ces trois pays sont dirigés par des juntes issues de putschs survenus entre 2020 et 2023. En affirmant quitter la CPI « avec effet immédiat », ils entendent marquer leur défiance envers les institutions internationales. Mais en l’absence de notification officielle à l’ONU, leur retrait reste symbolique pour l’instant, laissant une fenêtre de dialogue ouverte entre La Haye et les capitales sahéliennes.



